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L'Ego


L’ego désigne la représentation et la conscience que l’on a de nous-même. Il s’est construit à partir de nos mémoires, nos perceptions, nos souvenirs passés et surtout nos croyances. A mesure que nos croyances se multiplient, notre ego se développe car il se nourrit de nos peurs et jugements.


L’ego a besoin de l’approbation des autres pour confirmer son importance, son pouvoir, son individualité mais aussi pour exister. Il se compare aux autres et cherche toujours à avoir raison. Il est constamment dans le jugement pour alimenter son sentiment de supériorité (ego surdimensionné) ou d’infériorité (ego en berne).


L’ego est dans le manque, l’insécurité, la crainte, l’illusion et la projection permanente. Ainsi, il nous détourne du moment présent pour nous amener dans la projection passée ou future ; son but étant de préserver cette permanence car il pense ainsi être en sécurité, dans sa zone de confort échappant ainsi à l’inconnue. Sa perception du réel est perturbée, voire irrationnelle.


L’ego est très vulnérable et inquiet. Il se sent tout le temps menacé. Sa plus grande peur est la mort. Il fera donc tout ce qui est en son pouvoir pour survivre et nous entraînera à nous identifier à notre mental pour perdurer.


Par ailleurs, l’ego a ce sentiment profondément ancré d’être incomplet. Il a soif de gratification et aspire à acquérir des choses (les biens, l’argent, le succès, le pouvoir, la reconnaissance…) pour se sentir plus complet mais même en obtenant toutes ses choses, il conserve ce sentiment de vide. Les besoins de l’ego sont infinis et irrassasiables. « Il cherche constamment à s’accrocher à quelque chose pour maintenir et renforcer son sens illusoire de soi. Il s’accroche facilement et volontiers à nos problèmes [1][…] L’ego peut inconsciemment investir beaucoup dans la douleur et la souffrance. »


Paradoxalement, en agissant ainsi, l’ego est convaincu qu’il nous aide et nous protège en minimisant le risque de revivre les expériences douloureuses et désagréables qu’il a connu. Il tente ainsi de trouver une façon furtive de mettre de côté toutes les situations qui lui semblent insupportables car il ne veut pas admettre que toutes les expériences difficiles que nous vivons ont pour seul et unique but de nous montrer que nous agissons de la même façon avec autrui[2].


On retrouve aussi l’ego-idéal que Carl Jung appel persona qui tire son origine du prosopon, masque que portaient les acteurs pour incarner un personnage dans le théâtre grec et du mot latin per sonare qui signifie « résonner à travers ». La persona est donc le masque que l’on s’est créé pour se conformer aux règles et aux normes sociales, morales et éducationnelles de son milieu. Elle produit dans l’inconscient sa propre contrepartie que Jung a appelé l’ombre.

[1] Eckhart Tollé. Le pouvoir du moment présent. Editions J’ai lu,2010. P.63 [2] Lise Bourbeau. Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même. Editions E.T.C 2000. P16

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