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L'enfant intérieur



1) Origine

L’enfant intérieur est un concept majeur de la psychologie humaniste[1], mais il apparaît depuis toujours dans les mythes, les religions et les contes de fées. On y voit souvent des enfants seuls ou abandonnés qui se retrouvent face aux dangers et qui doivent faire preuve de courage et d’audace pour affronter d’innombrables épreuves et finissent par devenir des héros (Le Petit Poucet, Peter Pan, Zeus, Moise, Harry Potter…). Ces personnages de légendes symbolisent précisément l’image de l’Enfant intérieur qui nous habite tous. En effet, « nous avons tous, en nous, un enfant brimé, abandonné, malmené ou réduit au silence par l’adulte que nous sommes. Le reconnaître et le libérer, c’est reconnaître et libérer notre essence profonde, notre potentiel créatif, notre spontanéité et, finalement, notre propre nature héroïque. »[2]


1940 : Pour le psychiatre Carl Gustav Jung, l’enfant est porteur de transformation, qualité qui a tendance à disparaître chez l’adulte. Mais, avec ses nombreuses observations, il élabore un des concepts clé de la psychologie analytique qui est l’individuation, processus psychologique qui fait d’un être humain un individu, une personnalité unique et indivisible et permettant la réalisation du soi grâce aux capacités de transformation de l’enfant présent en chacun de nous.


1960 : Apparition des prémices de l’Enfant intérieur dans le monde de la psychologie avec le psychologue américain Éric Berne, à l’origine de l’analyse transactionnelle. Pour lui, chaque individu à dans sa personnalité 3 états du Moi et l’Enfant est l’une des 3 composantes principales, il ressent et réagit. La 2ème composante est l’Adulte qui pense, décide et résout les problèmes. La dernière composante est le Parent qui établit les règles.


1980 : le concept de l’Enfant intérieur connaît un véritable essor avec les psychologues et analystes Hal et Sidra Stone qui complètent la notion des 3 Etats du moi en intégrant des sous-personnalités (l’arriviste, le tyran, le protecteur, l’artiste, le séducteur…). Ils mettent en œuvre leur propre méthode appelé le Dialogue intérieur qui consiste à entrer en contact avec chacune de nos sous-personnalités qui nous empêcheraient l’expression de notre moi profond et provoqueraient des conflits intérieurs.

John Bradshaw, psychologue américain a lui aussi trouvé la théorie d’Éric Berne (3 états du moi) insuffisante. Il y ajoute le stade du développement de l’enfant. Pour lui, c’est au cours de l’une de ces étapes qu’il va y avoir une coupure avec cet enfant qui est en nous. Ce qui expliquerait la cause de notre mal-être, de nos conflits intérieurs. Sa méthode permet de connaître à quel stade du développement nous l’avons abandonné.



2) Qu’est-ce que l’enfant intérieur ?

Depuis, de nombreux travaux, méthodes et ouvrages ont été rédigés sur l’Enfant intérieur puisqu’il a été constaté que nous avons tous besoin de se reconnecter à lui. Cette reconnexion permet en effet, d’identifier et de comprendre toutes les parties fragmentées de notre psyché afin de commencer une véritable transformation.


En chacun de nous se trouve un enfant intérieur, ce petit être innocent, insouciant, créatif et spontané qui a été brimé au cours de notre évolution par notre éducation, nos croyances et nos expériences passées vécues comme douloureuses. C’est la mémoire de l’enfant blessé qui va être source de conflit intérieur car dès sa conception il peut ressentir le manque d’amour, les carences, les peurs, les traumatismes. L’enfant va alors développer et construire des stratégies d’adaptation inconscientes pour palier ses ressentis et oublier progressivement ses ressources véritables, son vrai moi. L’enfant va aussi développer des codes de conduite pour être accepté.


Selon Lise Bourbeau, l’enfant passe par 4 étapes dans son existence. La 1ère étape passe par la découverte, la joie d’être lui-même, intègre, pure et naturel. La 2ème étape est la douleur de ne pas pouvoir être pleinement lui-même car il doit se conformer aux règles, aux normes et aux attentes des adultes. La 3ème étape est la période de crise et de révolte. Enfin la 4ème et dernière étape est la résignation mais aussi celle de la création d’une nouvelle personnalité que l’enfant s’est construit pour répondre aux exigences extérieures et éviter ainsi toute forme de rejet et donc de blessures.


On peut faire le lien très étroit entre l’enfant intérieur qui correspond à notre cerveau droit et l’adulte à notre cerveau gauche. En effet, l’enfant intérieur est créatif, intuitif et observateur. Il aime expérimenter le nouveau et est ouvert à l’apprentissage et à l’amour. Ses perceptions sont sans limites et ainsi tout lui est possible et réalisable. Il ne connaît pas le jugement et est guidé par la recherche de vérité, d’authenticité. Il vit et ressent toutes ses émotions de manière instinctive et sincère. Mais, toutes ces qualités, ses ressources et ses potentiels vont être mis à dure épreuve au cours de l’évolution de l’enfant, des expériences douloureuses qu’il va vivre ; du manque d’amour qu’il va ressentir et de ses besoins inassouvis et non entendus.


L’enfant va progressivement oublier qui il est, qu’il a ce trésor au fond de lui, qu’il a un potentiel inouï. Il va refouler ses qualités dans son inconscient. C’est ainsi qu’il va s’éloigner de sa véritable nature pour s’adapter à un environnement qui lui est imposé et qui le réduit à la personnalité qu’il s’est créé. Ainsi, il se retrouve contraint de renier sa sagesse, son insouciance et sa compréhension instinctive de la vie car les adultes le perçoivent comme un être immature et inconscient au lieu de le voir comme un être doté d’intuition et de capacité d’adaptation.


L’adulte logique, rationnel, analytique, focalisé sur les détails, les problèmes, le jugement prendra place peu à peu. Il se préoccupera de faire plutôt que d’être, d’agir plutôt que d’éprouver. Ainsi, il se coupera de ses émotions et ressenti pour ne plus avoir à en souffrir et pour ne plus être perçu comme un être vulnérable et fragile. Il sera guidé par la peur que ces sentiments ressurgissent et que ses blessures d’enfance puissent réapparaitre. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’en occultant ses souffrances et en se déconnectant de son enfant intérieur, il alimente ses blessures et se laisse guider par son égo, réduit à son faux moi qui est fait d’un adulte sans amour et d’un enfant abandonné. Il développera alors de plus en plus cette part d’ombre en lui. Il restera bloqué dans une attitude défensive de fuite ou de lutte et toute sa vie sera dominée par les moyens qu’il utilisera pour échapper à cette souffrance.


Pour retrouver l’enfant heureux, rempli d’espoir, de rêve et de positivité, il va falloir faire revivre l’enfant en soi en allant à sa rencontre. Diverses méthodes thérapeutiques peuvent être utilisées, la Kinésiologie en fait partie et sa spécificité est de pouvoir utiliser le test musculaire pour interroger le corps et ainsi trouver les blocages, les stress, les freins empêchant cette reconnexion. A travers une investigation poussée, la Kinésiologie permettra une véritable prise de conscience et sera une aide considérable à la réconciliation de son enfant intérieur.

[1] Psychologie humaniste : C’est un courant fondé sur une vision positive de l’être humain. C’est également un modèle de psychothérapie qui s’appuie sur la tendance innée de la personne à vouloir se réaliser, c’est-à-dire à mobiliser les forces de croissances psychologiques et à développer son potentiel. La psychologie humaniste (Humanistic Psychology) apparaît à partir des années 1940 aux États-Unis, principalement sous l'impulsion d'Abraham Maslow. ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_humaniste). [2]https://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Personnalite/Articles-et-Dossiers/Retrouver-l-enfant-en-nous/L-enfant-interieur-qu-est-ce-que-c-est





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